A l'honneur !

Témoignage éloquent sur la diplomatie

Publié par: Salle de Nouvelles 21 août 2021

Marie-André Clermont – Si vous cherchez une lecture stimulante qui vous entraînera hors des sentiers battus, je vous suggère ce livre, Diplomates en péril ?, de Jean-Yves Dionne et Lucie Tremblay… À partir de la page 137, vous aurez du mal à le déposer avant d’atteindre le point final.

Jean-Yves et Lucie ont vécu une carrière trépidante comme agents du Service extérieur du Canada. Leur feuille de route est impressionnante… tout comme la conciliation travail-famille qu’ils ont maintenue tout du long.

Diplomates en péril ? – La première partie est un essai critique sur la diplomatie canadienne d’hier à aujourd’hui. Dans un texte solidement documenté, les auteurs présentent les tenants et aboutissants de ce vaste domaine méconnu. Ils abordent sans faux-fuyants les problèmes liés aux enjeux politiques et aux changements des dernières décennies. Le point d’interrogation du titre est révélateur : selon les auteurs, la diplomatie arrive à un carrefour et de nouveaux enjeux forcent le pays à réévaluer certains concepts. Le livre propose aussi des solutions pour valoriser le système.

Chroniques peu diplomatiques – La deuxième partie est fascinante : un récit captivant des péripéties qu’ont vécues Jean-Yves, Lucie et leur famille pendant trois décennies et un peu plus – une histoire ponctuée d’anecdotes authentiques qui suscitent une gamme d’émotions. Ils nous entraînent de l’Allemagne à la Côte d’Ivoire, du Cameroun à la Hongrie, de la France au Brésil… On sourit, on rit même souvent, mais on pleure aussi… et les cheveux nous dressent parfois sur la tête. Ces chroniques sont racontées avec une telle authenticité qu’on a l’impression d’y être. La vie dans les ambassades n’a certainement rien de banal.

Les auteurs se racontent à la première personne. On ne sait pas toujours qui est le « je » narrateur, et c’est amusant de découvrir que ce n’est plus Jean-Yves, mais Lucie qui tout à coup a pris la plume. Un habile chassé-croisé qui garde le lecteur sur le qui-vive.

Une carrière exigeante

La vie de diplomate demande une capacité d’adaptation à tout casser… Quitter le pays représente un arrachement difficile. Vivre loin de ses proches, ne pas être là pour les événements importants, rester à l’étranger, même à Noël… Comprendre les coutumes du pays où l’on est affecté, qui diffèrent totalement de celles qui s’appliquaient dans le pays d’avant… Aider les enfants à grandir à travers ces expériences diverses… à quitter leurs amis… à oublier les routines développées là-bas pour en acquérir d’autres ici… Le livre est d’ailleurs dédié aux trois enfants du couple… ces otages du métier.

Malgré les sacrifices, on comprend que cette vie est aussi extrêmement gratifiante.

La pertinence et la qualité de cet ouvrage sont soulignées dans les deux préfaces qui le chapeautent. La première signée par Guy Saint-Jacques, ambassadeur du Canada en Chine de 2012 à 2016, et la deuxième par François Audet, directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal (UQAM).

Depuis leur retraite, Jean-Yves et Lucie vivent dans les Laurentides, et moi, je leur dis bravo pour leur carrière… et pour ce livre qui en témoigne si éloquemment.

Disponible à la librairiel’Arlequin de Saint-Sauveur, à Auteurs des Laurentides ou chez Ditribulivre.com.

Jean-Yves Lucie, journal des citoyens

Lucie Tremblay et Jean-Yves Dionne

https://www.jdc.quebec/2021/08/21/temoignage-eloquent-sur-la-diplomatie/

 


Les lecteurs s’expriment !

 

Diplomates en Péril? publié à la mi-juin, nous a apporté bien des impressions et commentaires. Cet essai critique porte sur l’avenir du Service extérieur canadien (nos diplomates). Il est suivi d’un journal de bord aux récits et chroniques « peu diplomatiques » d’une famille se déplaçant sur trois continents durant une période de plus de trente ans. Les interrogations des auteurs sur la perte d’identité internationale du Canada et le rôle incertain de nos diplomates dans ce premier quart de siècle sont autant de présages du futur devant nous. 

Ce livre offre une mine d’informations sur Affaires mondiales Canada et la vie de ses représentants à l’étranger à travers des dizaines de témoignages, récits et anecdotes cocasses et inédits. Une vie au service du pays. Pour vous, nous présentons une sélection d’impressions et de commentaires reçus des lecteurs. Le livre est disponible dans les librairies indépendantes (ISBN 978-89775-466-2) et les grandes plateformes numériques.

 

Témoignages 

 

Bien écrit, excellente recherche, très bien documenté, où vos deux personnalités ressortent bien, avec une bibliographie pertinente. La conclusion est tout à fait conforme à ce que je pense du triste état de ce qu’a été notre ministère, à une époque un grand et respecté ministère. (Raymond Chrétien, CC et ancien ambassadeur)

 

...Un récit qui nous transporte d’un continent à l’autre à travers l’histoire politique des dernières décennies du XXe siècle et des premières années du présent millénaire. Leur histoire est ponctuée d’anecdotes et de vécu authentique qui nous fait vivre toute une gamme d’émotions. Je me suis délectée des chroniques savoureuses, personnelles, intéressantes, humaines, un vrai plaisir à lire. (Marie-Andrée Clermont, critique littéraire et auteure)

 

Les premiers ministres Harper et Trudeau n’ont pas compris la valeur ajoutée qu’amène un diplomate de carrière et n’ont pas investi les efforts requis. De plus, l’arrivée de sous-ministres de l’extérieur du ministère a amené une

 « homogénéisation » du ministère avec le résultat qu’on a moins de diplomates de carrière et qu’on perd leur expertise. (Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur)  

 

Dans une langue claire et précise, cet ouvrage est de prime abord un essai relatant l’histoire du Service extérieur du Canada qui interroge parallèlement son avenir en déclin… Tout en se voyant bien informé, le néophyte prendra plaisir à ce beau récit de carrières bien remplies. Dionne et Tremblay ont toujours été sincèrement investis de leurs missions et cela se sent dans leurs témoignages. C’est surtout un ouvrage incontournable pour quiconque caresse l’idée d’embrasser une carrière au sein du corps diplomatique. L’ouvrage permet une rare incursion intimiste dans un univers au sujet duquel les intervenants sont généralement peu diserts. (Roxane Turcotte, didacticienne et auteure)

Je suis triste de la façon dont le ministère a détruit sa réputation auprès de tous ceux qui ont connu le respect de notre pays de la part des pays en voie de développement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Cela nous a fait perdre toute chance de faire partie du Conseil de sécurité de l’ONU. (Roland Goulet, ancien ambassadeur)

Quand je prends le pouls des nouvelles des talibans et des Afghans, cela m’entraîne dans une réflexion sur le rôle qu’ont joué et que jouent les diplomates ainsi que les risques associés. C’est vraiment un métier méconnu qui peut contribuer même à sauver des vies dépendamment du contexte d’intervention et des outils mis à leur disposition. (Louise Bélanger, avocate)

Votre livre m’a impressionné par la pertinence de vos analyses et affirmations, par la véracité des faits et la recherche que cela a impliquée… Un remarquable ouvrage et surtout la justesse du ton, lequel se révèle très diplomatique. Le livre aborde bien la détérioration du Ministère, mais aussi le déclin de notre politique étrangère grignotée à petit feu et maintenant méconnaissable et amateure. (Léopold Battel, ancien haut-commissaire)

 

À déguster et à partager sans modération.  (Ginette Beaulieu, travailleuse sociale à la retraite)

 Votre livre me rappelle de nombreux souvenirs et illustre les aléas de politiciens sans envergure. Mon séjour chez les délégués commerciaux de la grande époque et l’emploi fréquent que j’en ai fait suite à mon passage au secteur privé en témoigne. Votre appui soutenu auprès de la BAD, depuis Abidjan, fait partie de mes bons souvenirs. Je recommande vivement votre livre aux délégués commerciaux, actuels et retraités, et aux autres personnes voulant contribuer au développement économique du Canada. (Jean-Denis Bélisle, ancien ambassadeur)

Un livre différent pour voir le côté méconnu de la vie des diplomates canadiens avec leurs défis quotidiens et les résultats obtenus, parfois fructueux, parfois frustrants. Le livre fourmille de faits vécus représentatifs d’une vie consacrée au service de son pays. Il dénonce une tendance de fond qui mine le Service extérieur et propose des mesures concrètes pour lui rendre sa mission comme au temps glorieux de Lester B. Pearson. (Gilles Poirier, ex-diplomate de carrière)

 

Les auteurs : Jean-Yves Dionne et Lucie Tremblay


Jeanne Maranda 

La révérence

Le 13 avril 2021 — Modifié à 10 h 13 min le 14 avril 2021

Temps de lecture : 4 min 30 s

Par Jean-Claude Tremblay

Bibliophile, auteure, féministe, activiste, intellectuelle pragmatique reconnue par ses pairs au Québec et bien au-delà des frontières, Jeanne Maranda, que j’ai le privilège d’appeler mon amie, s’est récemment éteinte.

Je le nomme d’entrée de jeu, un peu pour exorciser ma peine, et le vide que l’on ressent lorsque l’on apprend qu’une personne quitte son véhicule pour poursuivre sa route dans le firmament, là où l’esprit peut présumément se déployer librement. Lorsque Michel me l’a appris, ç’a été un choc, et je n’ai pas voulu y croire. Nous venions moi et elle d’échanger à peine quelques semaines auparavant, avec la promesse de se réunir à nouveau sur sa terrasse cet été, pour savourer un blanc ou un rosé, sec et équilibré, ce qu’elle avait toujours apprécié.

 

C’est encore douloureux, et mes premières pensées sont bien sûr pour sa famille, même si aujourd’hui, c’est tout un pan de la société qui est en deuil, peut être sans le savoir. Il faut dire qu’une lumière vient de s’éteindre pour beaucoup de femmes dont le destin a été changé grâce à son œuvre : Jeanne Maranda a fait du publisexisme un puissant cheval de bataille, jusqu’à l’atténuation du phénomène. Sa contribution est si vaste qu’elle a, par ses actions, concouru à améliorer le statut de la femme, en abaissant le niveau de tolérance sociale pour la « femme-objet » dans les publicités, tout en pavant la voie au mouvement « #MoiAussi/MeToo ».

Aujourd’hui, c’est tout un pan de la société qui est en deuil, peut être sans le savoir

Faire œuvre utile

Peut-être avez-vous lu ou lirez-vous un jour son livre, « On m’dévisage : 25 ans de lutte contre le publisexisme », qui fait partie de son legs, mais pour vous donner un aperçu éclair du « personnage » à la Jeanne D’Arc qu’était cette grande dame, je vous partage un extrait de ce qu’elle a déjà écrit dans le journal citoyen Le ZigZag :

« Au contact de mes amies activistes, j’ai scruté l’image des femmes dans les médias, j’ai noté les stéréotypes qui soulignent les inégalités entre les femmes et les hommes, j’ai analysé les codes utilisés par les publicistes qui valorisent le rôle des hommes au détriment des femmes, puis j’ai appris la subtilité des messages publicitaires et l’influence de l’image sur la perception de la réalité. Notre inconscient est vulnérable, il réagit à tout stimulus visuel. Le corps de la femme découpé, tronqué, morcelé est devenu un banal objet de consommation, du jetable, et notre vision de nous-mêmes s’en trouve altérée ! La photo publicitaire avec ses moyens sophistiqués était la grande coupable parce qu’omniprésente et réalisatrice d’images jamais innocentes. »

Puissant, non ?  Je suis encore subjugué par la faculté d’atteindre un tel équilibre entre indignation et action ; comme le disait Jeanne, il y a eu des pas de géant en publicité comme ailleurs, mais il faut tout de même demeurer vigilant et poursuivre les efforts pour les femmes. La récente montée de violence envers elles est un triste rappel de la véracité de ce propos.

Que reste-t-il ?

Cette question me hante depuis longtemps et est ravivée par le départ inattendu de mon amie Jeanne : que reste-t-il lorsque l’on tire les rideaux et que la représentation est terminée ? Pas nécessairement ce qui se passe après la mort physique, mais à savoir, « que laisse-t-on pour ceux qui restent ? »  Peut-être que la question devrait être « qu’a-t-on envie de laisser ? » Je vais sérieusement y penser.

Ce que cette militante de la dignité m’a appris, c’est qu’il fallait suivre ses passions, ou devrais-je dire plus précisément, ses convictions. Aussi, que l’âge n’avait rien à voir à l’affaire, car elle avait beau avoir soufflé ses 94 bougies, elle m’a donné la preuve que la vivacité de l’esprit n’avait rien à voir avec les cheveux gris, et que la vie méritait d’être vécue intensément, et pleinement, car la vie, c’est ici et maintenant et ça peut s’arrêter n’importe quand.   

Bon allez …

Passez me voir avant longtemps, Jeanne, on reprendra nos discussions enflammées d’espoir, là où on les a laissées. Paix et amitié.


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